Isabelle Rivollet, 32 ans, mariée, mère de deux enfants de 5 et 3 ans, assure avec le sourire l’accueil au Gîte de la Fruitière, installé sur le plateau de Solaison. L’alpage du village de Brison est aujourd’hui recouvert d’une neige épaisse qui s’étend à perte de vue devant ses fenêtres.
« J’habite sur place. J’aime rencontrer des gens de toutes sortes, toutes régions, tous âges, toutes classes sociales. C’est varié et sympa ! ». Dans le gîte d’Isabelle, il n’est pas possible d’être plus près des pistes de ski de fond, qui viennent d’être retravaillées, terrain préparé et balisé par Yohann le nouveau dameur. L’ascension de la Pointe d’Andey et des rochers de Leschaux tout proches avec raquettes, ou peaux de phoques sous les skis, s’ouvre dès le seuil franchi. Le foyer de fond qui loue le matériel est situé… au rez-de-chaussée du gîte. Qui dit mieux ? Aucun déplacement en voiture ni bus n’est nécessaire, aucun téléphérique ou ascenseur des neiges non plus. La paix et le calme assurés.
Le gîte de la Fruitière, ancien nom donné aux fromageries rurales, offre 36 couchages en chambre ou en dortoir, et 50 places de restauration dans la salle commune. Les toilettes et les douches, la cuisine répondant aux normes actuelles font classer le gîte dans la catégorie deux épis des Gîtes de France. « Je laisse les gens s’organiser comme ils veulent », dit Isabelle. « Ils peuvent se faire la cuisine eux-mêmes (gestion libre), croquer un sandwich ou aller manger dans les auberges du plateau. Je peux aussi assurer les repas en demi pension ou pension complète, j’agrandis alors la casserole ! ». L’atmosphère du lieu est bonne, la décoration simple et chaleureuse. Les clients apprécient, qu’ils viennent de la vallée de l’Arve ou d’Alsace, de la région parisienne ou de Belgique. La durée de leur séjour varie : une soirée, un week-end, une semaine ou plus, en individuel, en famille ou en groupe. Le gîte est agréé pour les classes de neige de l’Education nationale. Jamais les groupes d’élèves ne sont hébergés en même temps que d’autres (sécurité oblige). Les M.J.C., centres de loisirs et instituts éducatifs sont également des clients habituels. « Retourner habiter en ville ? Jamais. Quand on a goûté à cette vie sans stress, on n’y renonce pas ! ». Nous laissons Isabelle, entre son ordinateur (pour les réservations) et sa grande marmite. Les lits sont prêts.
Infos pratiques : le gîte est ouvert toute l'année. La pleine saison d'hiver va de Noël à fin mars. 06-50-96-93-56
Un peu d’histoire : Là-haut sur le plateau de Solaison, il y a un beau chalet. Il n’est pas très ancien, puisqu’il a été construit en 1950 solidairement par les habitants de Brison. Il fut donné en gérance à un « fruitier ». La maire actuel de Brison, Jean Rivollet, se souvient que chaque année le prix du lait livré par les agriculteurs pour y être transformé en tomme et reblochon était fixé après d’âpres débats au centime près. « Il n’était pas rare en fin de saison », raconte-t-il, « que certains des petits fermiers, déjà très pauvres, soient obligés de reverser de l’argent à la Fruitière, parce qu’ils avaient consommé plus de fromage pendant l’été qu’ils n’avaient livré de lait ! ». Dans les années 80, le local, non rentable, fut laissé à la commune pour un franc symbolique. Le conseil municipal, alors dirigé par le maire Fernand Moenne-Loccoz, eut l’excellente idée de transformer le bâtiment en gîte rural. 80% des nuitées sont reversées à la mairie.